Troisième album et nouveau défi. Le son est sec mais lourd... de sens : "Une couleur de plus au drapeau" Seul morceau à la production épique et flamboyante, il permet d'entrée de jeu de constater que le flow des Toulousains s'est encore amélioré.
Les mots claquent avec la précision d'uppercuts au service de l'idée bien plus que de la rime ; les featuring sont rares mais précis - le 113 et Don Choa-: "Artifices" et "Ghetto cocaïne", car les rencontres et les défis pour épater la galerie, sont devenus trop systématiques pour être honnêtes; l'émotion enfin toujours plus forte, sans fard et surtout pas antinomique avec un genre musical qui n'aime guère voire les hommes pleurer : "le geste", "Neuf mois"... Nouveau disque entièrement conçu à Toulouse (studio Polygone) et qui est l'occasion de confirmer la profondeur d'une aventure humaine loin des règlements de compte d'un milieu gangrené par le cancer de l'ambition et de l'argent facile.
Daniel Camara (Dadou), griot Toulousain qui porte la sagesse en sautoir et la connaissance en porte drapeau; Alexandre Varela Da Veiga(Diesel), roseau qui plie mais ne rompt pas et qui va peu à peu forger une école de son sans autre référant que lui même, Lindsay Barret sorte de coloriste de la musique, Gauguin du rap et scratcheur de l'utile, Herman Azaud dont la voix ouvre de nouvelles brèches et Robert Hovor sorte de troisième oeil qui va s'attacher à réaliser la cohérence d'un projet où chaque titre se devait d'être différent.
Aidé en cela par la maestria et l'esprit d'ouverture de Tommy Uzzo (Method Man, Red Man mais aussi Michaèl Jackson, Mariah Carey...) qui va mixer l'album, les K.D.D. font ainsi oeuvre de salut public. Un album comme un geste, un vrai, pour tous ceux qui attendent encore et toujours la lumière des justes, et ainsi, bâtir une fondation solide pour affronter un siècle d'inconnus.
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